Exposition 

Du 3 novembre 2021 au 6 mars 2022

Depuis quelques décennies, de nombreuses petites boulangeries dites «artisanales» se multiplient dans les quartiers montréalais. Elles ont chacune une identité qui leur est propre et proposent des produits variés, souvent fabriqués à partir de farines biologiques et locales, offrant ainsi une alternative au pain industriel qui s’est imposé aux familles québécoises au cours du siècle dernier.

Découvrez quelques tranches de la fascinante histoire du pain à Montréal, de la fabrication artisanale du début du 19e siècle jusqu’à l’émergence des grandes boulangeries industrielles.

Les boulangeries montréalaises

De petits et de grands joueurs dans l’espace urbain

Groupe d’enfants devant les moules à pains, lors d’une visite à la boulangerie Le Pain moderne canadien, 1957 Fonds Studio O. Allard photographes incorporée, BAnQ Vieux-Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P244, S1, D4232, P2.
Groupe d’enfants devant les moules à pains, lors d’une visite à la boulangerie Le Pain moderne canadien, 1957
Fonds Studio O. Allard photographes incorporée, BAnQ Vieux-Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P244, S1, D4232, P2.

Au 19e siècle, ce sont les petites boulangeries, souvent jumelées à une habitation, qui prédominent dans les quartiers centraux montréalais. À partir des années 1920, elles se voient de plus en plus surpassées par un plus petits nombre d’entreprises industrielles. Les grandes minoteries canadiennes investissent également l’univers de la boulangerie. Elles acquièrent des boulangeries bien établies ou créent de nouvelles entreprises afin s’assurer un débouché pour leur farine. La création de Pain moderne canadien limitée, en 1930, et la construction de son usine sur l’avenue Papineau, témoigne de ce phénomène.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, d’autres joueurs importants s’imposent, comme la boulangerie torontoise Weston, qui inaugure une usine à Longueuil en 1949, ou encore la chaîne d’alimentation Steinberg, qui ouvre une grande boulangerie industrielle dans les années 1960.

Le boulanger

Portrait de Louis Racette, boulanger, vers le début du 20e siècle. Collection Robert Caron
Portrait de Louis Racette, boulanger, vers le début du 20e siècle
Collection Robert Caron

Le boulanger a longtemps joué un rôle de premier plan dans les villes comme Montréal aux 18e et 19e siècles. La population, qui n’avait pas toujours accès aux produits de base ni aux installations adéquates, pouvait compter sur le travail du boulanger et de ses apprentis, soumis à une rigoureuse réglementation. Le métier est difficile : la confection du pain requiert une multitude d’étapes dont certaines se déroulent la nuit, afin que la cuisson puisse être terminée avant le lever du jour.

Voiture de livraison de la Boulangerie Jobin Collection Carol Jobin
Voiture de livraison de la Boulangerie Jobin
Collection Carol Jobin

Les boulangeries de plus grande envergure, qui émergent au début du 20e siècle, dépendent aussi du travail des compagnons boulangers, œuvrant comme salariés dans l’attente d’ouvrir leur propre commerce. Le volume de production et de ventes étant plus important, la main-d’œuvre est plus imposante et de nouveaux emplois, comme celui du livreur, sont créés.

Du pain bis et brun au pain industriel

Au 19e siècle, les familles montréalaises consomment surtout du pain bis, de couleur gris-beige, préparé avec une farine grossière contenant du son, et du pain brun, à base d’une farine de blé mélangée à d’autres céréales. Plus couteux, le pain blanc, fabriqué à partir de la fine fleur de farine, se retrouve généralement sur les tables d’une population plus aisée. À partir de la seconde moitié du 19e siècle, l’industrialisation et l’émergence des grandes minoteries favorisent l’utilisation d’une farine blanche produite mécaniquement dans de grands complexes industriels.

Faire du pain chez soi

Le pain de ménage

Pétrin mécanique fabriqué par les Utilités domestiques limitée dans les années 1930 et ayant appartenu à la famille Langlais de Cloridorme en Gaspésie Collection Écomusée du fier monde
Pétrin mécanique fabriqué par les Utilités domestiques limitée dans les années 1930 et ayant appartenu à la famille Langlais de Cloridorme en Gaspésie
Collection Écomusée du fier monde

Alors que s’industrialise la production du pain du commerce, la confection du pain de ménage est facilitée par la mise en marché de pétrins mécaniques et de fours à pain. Ces appareils sont entre autres offert par la compagnie les Utilités domestiques limitée, fondé par Georges-Albert Langlois en 1938, dont les publicités insistent sur l’importance de poursuivre la tradition de la confection du pain domestique.

Grille-pain de marque Universal, fabriqué vers 1920 Collection Frédéric Cloutier
Grille-pain de marque Universal, fabriqué vers 1920
Collection Frédéric Cloutier

La petite histoire du grille-pain

Aujourd’hui incontournable pour le petit déjeuner de nombreuses personnes, le grille-pain électrique est inventé par l’écossais Alan MacMaster en 1893. C’est avec la mise en marché du modèle D-12, par la compagnie General Electric, que le petit électroménager rencontre un succès commercial. Dès lors, on le retrouve dans pratiquement toutes les cuisines. L’apparence de l’objet évolue au fil des modes et des technologies, les innovations permettant désormais d’automatiser la cuisson, de rôtir en même temps les deux faces d’une même tranche et de l’éjecter une fois prête à être dégustée. 

Projet financé dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal conclue entre la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec.