Histoire du quartier

 

Le Centre-Sud : survol historique

Ouvriers et ouvrières dans une filature, vers 1900. Écomusée du fier monde
Ouvriers et ouvrières dans une filature, vers 1900.
Écomusée du fier monde

Le Centre-Sud est un espace urbain situé le long du fleuve Saint-Laurent, à l’est du centre-ville de Montréal. C’est au 18e siècle que ce territoire, appelé alors le Faubourg Québec, prend forme. Le développement s’organise dans l’axe du chemin de Québec, qui devient le chemin Sainte-Marie, puis la rue Notre-Dame. Vers 1850, l’industrialisation s’amorce à Montréal, touchant d’abord le centre de la ville et les abords du canal de Lachine.

Dans l’est, le schéma est différent; ce sont surtout de petites boutiques artisanales et des ateliers de fond de cour qui s’implantent dans le tissu urbain. Progressivement, l’industrialisation s’intensifie et les espaces non construits aux limites de la ville sont de plus en plus convoités.

Dans le Faubourg Québec, les infrastructures de transport constituent un attrait important. Les installations portuaires et l’arrivée du Canadien Pacifique stimulent l’implantation de nombreuses usines œuvrant dans différents secteurs. Un premier corridor industriel se développe le long de la rue Notre-Dame, pendant que les grandes entreprises rejoignent la Brasserie Molson, présente sur le même site depuis 1786. Plus à l’est, une autre zone industrielle se déploie dans l’axe formé par l’avenue de Lorimier et la rue Parthenais. Le Canadien Pacifique y construit ses premiers ateliers en 1882, à proximité des installations de la Dominion OilCloth and Linoleum, fondée en 1874. Puis, à l’extrémité est du quartier, la rotonde du Canadien Pacifique est érigée au cœur d’une vaste cour de triage, non loin des installations de la Montreal, Light, Heat and Power.

Hangars, cordes à linge et arrière cour, rues La Fontaine et Champlain, 1974. Photo : Daniel Heïkalo, Écomusée du fier monde
Hangars, cordes à linge et arrière cour, rues La Fontaine et Champlain, 1974.
Photo : Daniel Heïkalo, Écomusée du fier monde

Aux côtés de ces noyaux industriels, les espaces résidentiels se déploient pour loger des milliers d’ouvriers. D’autres usines, souvent de dimensions plus modestes et liées à l’industrie légère, s’insèrent dans un tissu urbain de plus en plus dense. Les habitations ouvrières côtoient des usines, des commerces, des églises, des écoles. Un milieu de vie prend forme.

Au début du 20esiècle, la population du quartier atteint 80 000 personnes. La croissance se poursuit, des établissements anciens s’agrandissent, de nouvelles usines apparaissent et la population augmente toujours. En 1941, ce sont près de 100 000 personnes qui vivent dans le Centre-Sud. Après la guerre s’amorce une période de désindustrialisation. Plusieurs entreprises quittent le quartier pour s’établir dans de nouveaux espaces industriels, souvent situés à la périphérie de la ville. D’autres secteurs sont, quant à eux, touchés par l’ouverture des marchés internationaux et la mondialisation de l’économie. Des entreprises voient leurs activités déclinées et disparaissent. Ce scénario touche particulièrement le vêtement et la chaussure.

Ces bouleversements coïncident également avec de grands travaux d’aménagement urbain visant à moderniser la ville et à revitaliser certains secteurs. L’élargissement du boulevard Dorchester (René-Lévesque) en 1956, ou encore l’implantation de la Société Radio-Canada, qui provoque des expropriations massives et le départ de près de 5 000 résidents, témoignent des bouleversements que connaît alors le quartier. Malgré la désindustrialisation et le déclin de la qualité de vie, les résidents du Centre-Sud se prennent en main. Ils créent de nombreux groupes communautaires qui deviennent des outils pour agir dans leur milieu.

 

Pour en apprendre davantage sur l’histoire du quartier :

  • Burgess, Joanne (1997). Introduction dans Paysages industriels en mutation. (p. 3-10). Montréal : Écomusée du fier monde. 

        Cliquez ici pour consulter le texte : Introduction (Joanne Burgess)